Issu d’une famille de viticulteurs et de courtiers en vin depuis trois générations, diplômé de la faculté d’œnologie de Bordeaux, Benoit Prévot fait ses premiers pas au château Le Bon Pasteur comme stagiaire en 1989. Quatre ans plus tard, il devient responsable technique des vignobles Rolland (Bon Pasteur, Fontenil, La Grande Clotte). En 1999, Michel et Dany Rolland lui demandent de s’occuper de Yacochuya, le premier grand vin argentin de l’ère moderne, le premier aussi à obtenir la note de 95 /100 dans le Wine Advocate de Robert Parker. Michel Rolland répète souvent que Benoit Prévot est « l’œil français veillant à la vinification de ce cru d’exception ». Durant quatorze années, il s’occupe également de la configuration du vignoble, de l’aménagement de la cave, de la sélection des lots pour les assemblages. Vingt et un ans d’étroite collaboration entre les deux hommes. Durant toutes ces années, il acquiert une solide connaissance tant en viticulture qu’en vinification ; il participe à chaque étape technique de l’élaboration d’un vin sur l’ensemble des propriétés. Sérieux, dévoué, amène, tels sont les mots de Michel Rolland pour définir la personnalité de Benoit Prévôt.
En 2013, après l’acquisition des propriétés familiales de Michel et Jean-Daniel Rolland par Monsieur Pan, Benoit Prévot est nommé directeur des vignobles. Il est aujourd’hui responsable de la gestion économique, commerciale et technique, supervise les travaux de réaménagement du château, toujours aux côtés de Michel Rolland. Monsieur Pan lui a confié cette mission : « faire de Château Le Bon Pasteur le meilleur vin possible ». Un nouveau défi pour ce sémillant quadragénaire qui n’a jamais oublié ses premières émotions : à dix ans, lorsque son grand-père rentrait le soir avec différents échantillons, il aimait à humer les odeurs émanant de l’ébulliomètre, écouter ses commentaires, le regarder faire des assemblages avec les éprouvettes. Le vin est toujours histoire de passion.
Il est de ceux qui naissent dans une modeste propriété et qui très tôt décident que leur parcelle sera leur univers et leur monde. Sur les bancs de l’école, il s’oriente très tôt, à la fin des années 60, vers l’œnologie, cette discipline récemment portée au statut de science majeure par Emile Peynaud. C’est également sur les bancs de la faculté qu’il rencontre sa future épouse avec laquelle il entame une aventure qui jusqu’alors n’avait pas d’équivalent. Le secret de Michel Rolland ? Il tient en deux mots : une farouche volonté associée à un flair hors du commun. « Quand j’ai débuté, dans mon minuscule laboratoire œnologique à Libourne, les propriétaires nous portaient des échantillons de leur vin après les récoltes pour que nous les analysions. L’histoire aurait pu durer très longtemps mais ce qui m’intéressait était de comprendre pourquoi tel vin m’apparaissait prometteur quand tel autre me semblait destiné à une brève carrière. »
C’est sa première découverte. Sur quoi repose-t-elle ? Sur une simple et judicieuse réflexion, l’observation attentive de ce qui change une année de récolte en grand millésime. « Je me suis vite aperçu que toutes avaient des caractéristiques communes, récolte réduite donc concentrations et sucs, parfait équilibre d’ensoleillement et d’humidité qui autorisait un raisin cueilli à maturité. » Sa religion fut faite, au lieu de laisser croire au seul hasard, on pouvait influer sur le cours des saisons et choisir ce grain parfaitement mûr. Mais à quoi le reconnait-on ? Michel Rolland rit : « C’est là le mystère, la seule façon de le savoir est de croquer le raisin ».
La méthode empirique de Michel Rolland d’intervenir en amont de la récolte commence à être connue. Milieu des années 70-80, Bordeaux se remet difficilement de la grande crise du vin. Lui persiste dans son laboratoire et surtout commence à conseiller certains propriétaires qui lui accordent leur confiance. Il décide alors d’aller à la rencontre de ses clients dans les vignobles, interroge les ouvriers, arpente les vignes, goûte les raisins, observe les chais, s’enquiert des méthodes de vinification. De cette observation rigoureuse, il met au point des techniques qui auront pour but de protéger l’intégrité du fruit et de parfaire la qualité des nectars : cueillette du raisin à maturité, effeuillage, vendanges vertes, saignées, allongement des temps de cuvaison et de macération, augmentation des températures, égrenage manuel. En somme, une révolution à l’époque.
Mais les résultats sont là et les vins qui passent par son expertise préalable en sortent meilleurs. Quel est ce vin ? Un vin rond, équilibré, immédiatement charmeur et caractéristique du cépage merlot tout de clins d’œil et de jovialité davantage que l’austère et romantique cabernet-sauvignon qui demande des années afin de fendre l’armure pour en extraire son âme longue et élégante : «Une des conversations les plus stupides et les plus répandues à l’époque où j’ai débuté, avoue Michel Rolland, était de s’extasier devant un vin de Bordeaux de la façon suivante : « « Quel vin ! Il aurait été extraordinaire il y a 2 ans » avec cette variante : « Quel vin ! On aurait dû le boire dans deux ans ». J’ai toujours voulu en débouchant une bouteille que le vin soit bon. Ni l’attendre. Ni le regretter. Les regrets et les spéculations ne sont que des aveux d’impuissance » » . C’est ainsi qu’a débuté cette carrière de conseiller très vite changée -grâce à l’audience que Robert Parker acquiert auprès des amateurs américains- en une réputation mondiale. On l’appelle bientôt en Amérique auprès de la toute-puissante firme viticole californienne Mondavi. En Argentine, on l’appelle El Guru et le gouvernement lui est reconnaissant d’avoir transformé la réputation d’un breuvage pour gauchos en vin généreux, puissant et tenant la comparaison avec certains européens. Aujourd’hui, il est l’œnologue le plus consulté et le plus médiatique de la planète. Les mutations majeures qu’il a initiées, il les a transposées depuis en Espagne, Italie, Portugal, Maroc, Chili, Inde, Mexique, Afrique du Sud, Brésil, Bulgarie, Grèce, Canada, Hongrie, Maroc, Brésil, Croatie, Israël, Arménie, Turquie, Suisse, Chine.
Une aventure sans équivalent indissociable d’un lieu : Château le Bon Pasteur.
La notion de "cru" a toujours existé par contre la notion de "terroir" est plus récente, cependant elle est prédominante. En effet, quand nous nous demandions pourquoi certains vins étaient souvent meilleurs que d'autres, on faisait justement intervenir la notion de terroir. Il y a toujours eu, bien sûr, l'influence des hommes avec leur culture, leur philosophie, la tradition, mais au travers du temps, certains crus dominaient régulièrement.
On peut dire qu'en intégrant cette notion de "terroir" qui est une combinaison de la nature du sol et du climat ambiant, on a pu développer un concept d’oenologie qui s'adaptait aux qualités et insuffisances du terroir.
Evidemment, la hiérarchie est toujours respectée au niveau de la qualité des vins si le meilleur terroir est le mieux "travaillé". Cependant, d'autres, plus modestes ou inconnus à priori peuvent produire des vins d'un grand intérêt.
C'est ainsi que sont nés tous les travaux d'amélioration du vignoble : taille adaptée, effeuillages, vendanges vertes (pour un meilleur contrôle des rendements), à la recherche de la maturité. Les sols et la vigne ont été mieux compris, avec moins d'amendements, une lutte raisonnée contre les maladies, un palissage mieux conduit, la plantation de porte-greffe mieux adaptés, etc... Toute cette réflexion dans un seul but : améliorer la qualité du raisin produit quel que soit l'endroit où est cultivée la vigne. Car, c'est de la qualité du raisin que viendra la qualité du vin et c'est le respect de ce fruit tout au long de sa transformation, le respect du vin dans son élaboration et son élevage qui préserveront cette qualité.
L'objectif n'est pas de produire des premiers crus partout dans le monde, ni des vins identiques, mais seulement permettre au vin d'avoir la meilleure expression de son terroir.
Ainsi, avec tout l'acquit familial, l'enseignement scientifique, la curiosité, l'intuition, nous avons dû comprendre ou essayer de comprendre tous les facteurs influents, de la terre aux hommes de toutes les terres, tâche assez complexe mais intéressante d'où peuvent naître l'enthousiasme, la passion et l'envie de les faire partager dans un verre de vin, pour le Plaisir.
Michel Rolland
Composée d’une dizaine de personnes, elle contribue à avancer dans une nouvelle ère : celle de l’exception. Une équipe fidèle, pour certain depuis plus de 20 ans, qui s’implique quotidiennement aux côtés de Benoit Prévot et Michel Rolland dans leur quête de perfection.